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Tout voir et trop vite : est-il possible de changer de vie tous les ans ?

Société

Monde   //   Expérience

Quand on a attendu presque 30 ans pour sortir de chez soi, l’expatriation prend une saveur plus particulière avec une envie de rattraper le temps perdu et de tout découvrir. D’Argentine en Tunisie en passant par l’Australie ou la Grèce, je vous raconte cette vie en accéléré qui bouscule les repères, change la personnalité et charge le quotidien d’émotions fortes.

Ma calebasse de maté fumant entre les doigts, j’écoute le vieux muezzin s’essouffler depuis le minaret situé à deux pas de ma terrasse. Au même instant, un kangourou sautille autour de la mosquée, tandis qu’un skieur déboule à toute vitesse d’une montagne pelée du Péloponnèse. Quatre expatriations en quatre ans sur quatre continents : je peine à me situer et la cohabitation entre le présent et les souvenirs n’est pas évidente. J’avais presque trente ans quand j’ai décidé de sortir de mon sud-ouest natal et le temps perdu ne se rattrapant jamais, j’ai filé autour du globe comme un affamé suivant le fumet de la cuisine avec son estomac vide qui a attendu trop longtemps pour être rempli. Alors, glouton et abandonnant toute retenue ou dignité, il mange trop et trop vite. Forcément, la digestion est lourde.

J’ai donc appuyé sur le bouton stop. J’ai compris que c’était le bon moment lors de l’été 2020 sur le bateau qui nous emmenait d’Italie en Grèce, où nous attendait un nouveau départ. Je dis « nous » car je suis toujours avec Mélissa, mon binôme en amour et en baroude. Entre Corfou et Igoumenitsa, les montagnes grecques convoquaient les mythes, leurs sommets bruns et arrondis reflétaient dans la mer huileuse et pourpre. C’était un lever du jour, vécu sur le pont du bateau avec un employé grec de la compagnie de ferry. « Kalimera », « bonjour », m’a-t-il dit, d’une voix grave râpée par la fumée de sa clope matinale. Il était beau, c’était beau, tout était beau. Il faisait doux, la brume s’estompait pour dévoiler ce nouveau pays pour lequel j’ai instantanément eu le coup de foudre. C’était le plus beau lever du jour.

 

Tous les sens en éveil

Avant cela, entre l’Aquitaine et la Grèce, entre Bordeaux et Athènes, il y eut des centaines de levers du jour aux saveurs différentes à Buenos Aires, Tunis et Gisborne, à trente kilomètres de Melbourne. Il y eut une saison de serveur sur les pistes de ski à La Clusaz, des raids pas contrôlés dans la jungle amazonienne ou sur l’Altiplano, la descente de la Patagonie en stop, des confinements dans le Victoria, des explorations du Sahara, une nage avec les tortues sur la grande barrière de corail, une tournée de Balkans ou encore une percée de la Bavière aux confins orientaux de la Slovaquie, traversant les déserts de champs de blé et les forêts primaires où se reniflaient les pas des ours.

[…]

Article complet au format papier dans Mayonèz Mag Nº5. Retrouvez tous les aperçus d’articles de Mayonèz Mag dans la section Archives.

Texte: 
Marc Nouaux

Photographie: 
Mélissa Pollet-Villard

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UN PAS DE CÔTÉ DANS LES MÉTROPOLES DU MONDE

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