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Quand Athènes casse les clichés de son mythe urbain

Société

Grèce   //   Photoreportage

Athènes a parfois mauvaise réputation. On dit d’elle qu’elle est chaotique, sale ou polluée. Une jungle urbaine. C’est vrai, les rues de la ville sont labyrinthiques et le paysage architectural, anarchique. Mais ce que l’on sait moins, c’est que dans la capitale grecque, la nature se déploie et s’étale, favorisée par un climat doux en hiver et un soleil généreux en été. Dans la rue comme sur les balcons, oliviers, bougainvilliers, orangers, grenadiers et plantes aromatiques créent une palette végétale qui casse tous ces clichés. Cette luxuriance en ville abrite également une faune riche et diversifiée. Qu’on se le dise, Athènes est une ville végétale !

Athènes, ville chaotique ? Lorsque la romancière grecque Soti Triantafyllou explique l’anarchie architecturale de la capitale grecque dans son ouvrage Athènes, ville mal aimée (éditions Patakis, 2016), elle met l’accent sur l’absence de réelle politique d’urbanisme de la ville, à l’instar d’autres cités méditerranéennes. C’est un fait. La ville n’a que peu de logique dans son agencement urbain. Ville polluée ? En 2021, les données de la société suisse IQAir, spécialisée dans la protection contre les polluants atmosphériques, annonce que la quantité de particules fines dans l’air à Athènes est de trois à cinq fois supérieure aux recommandations. La faute à une mauvaise desserte en transports publics. Pourtant, la municipalité tente depuis une vingtaine d’années de réduire les émissions de carbone par une série de décisions plus ou moins efficaces (circulation en alternance, contrôle des camions les plus polluants). Ville sale ? Dans son article « Athènes, la possibilité d’une ville » (Libération), la journaliste Maria Malagardis redonne ses lettres de noblesse à la cité « rebelle, branchée, balnéaire ». 

Athènes suit sa propre logique – et elle séduit. Pour découvrir cette Athènes différente, voire méconnue, il faut s’écarter de la très proprette Acropole et de son pourtour fait de restaurants instagrammables et de logements Airbnb. La ville – au-delà de l’hypercentre – est surprenante à plus d’un égard. Le voyageur perdu dans les ruelles de Pagráti, d’Exárcheia, de Mets ou encore de Petrálona remarquera alors la végétation omniprésente. Parcs, rues, balcons, squares, collines… chaque coin de la ville est une explosion de verdure, un feu d’artifice de fleurs, une déflagration de nature. Se promener dans les espaces verts athéniens est aussi la promesse de belles rencontres : tortues terrestres, perruches, chats de quartiers, tourterelles d’Anatolie, abeilles et bourdons butineurs sont autant d’animaux qui peuplent la ville – sans compter les tortues de mer qui se baignent non loin des plages de banlieue. Athènes est donc bien une jungle urbaine en ce sens : un véritable écrin de nature en ville. Un poumon vert, cultivé par des habitants amoureux des plantes. Ainsi, au milieu du brouhaha et des grands boulevards – sous lesquels coulent des rivières souterraines – un véritable havre de paix et de fraicheur se déploie sous des cascades de jasmin, de bougainvilliers et de lauriers. Comme une promesse méditerranéenne, Athènes la verte semble prendre sa revanche sur son mythe urbain.

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Article complet au format papier dans Mayonèz Mag Nº9. Retrouvez tous les aperçus d’articles de Mayonèz Mag dans la section Archives.

Texte et photographie :
Mélissa Pollet-Villard

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