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Le syndrome de Paris 2.0

Société

France  //   Investigation

Les touristes japonais qui visitent Paris sont parfois touchés par le « syndrome de Paris ». À l’ère de la surinformation, ce délire passager résonne comme la preuve que notre imagination résiste à la virtualisation numérique du monde. Notre désir d’évasion ne peut ainsi être comblé que par le vrai voyage qui déplace le corps.

Le syndrome du voyageur est un curieux mal flirtant avec la folie. Chaque année, parmi les millions de personnes qui voyagent, il frappe quelques centaines de rêveurs, confrontés à la réalité vibrante d’une ville ou d’un pays, idéalisée parfois pendant de longues années. Le syndrome du voyageur se décline au regard d’endroits mythiques. Parmi les plus connus : les syndromes de Paris, de Jérusalem, de l’Inde ou de Florence. À l’ère de la surinformation, alors que nous pouvons baliser notre périple d’étoiles issues de multiples guides touristiques, ou encore zoomer à loisir sur une vue satellite des contrées que nous souhaitons explorer, il semble qu’il reste peu de place pour l’imagination.

Pourtant le syndrome du voyageur, né d’une fracture entre rêve et réalité, existe encore, comme une preuve que la société de l’information et la représentation numérique du monde n’amoindrissent pas la puissance onirique de notre désir d’évasion.

Le syndrome de Paris : au cœur de la ville lumière des Japonais dans le brouillard

« […] Près de Notre Dame, parfois couve un drame. Oui mais à Paname, tout peut s’arranger. Quelques rayons du ciel d’été, l’accordéon d’un marinier. L’espoir fleurit, au ciel de Paris. » Ainsi chantait Édith Piaf en 1954. 

C’est au psychiatre japonais Hiroaki Ōta, résidant à Paris, que nous devons la caractérisation du « syndrome de Paris », en 1986. Les années 80 étant marquées par l’essor du tourisme de masse japonais en France, le médecin diagnostique ce trouble mystérieux chez des centaines de compatriotes en visite dans la capitale et développe un réseau de soins psychiatriques spécialement destiné aux Japonais à Paris. Plusieurs symptômes psychiatriques et physiologiques esquissent le tableau clinique de ce syndrome. Les patients connaissent tout d’abord un violent sentiment de rejet et de persécution, pouvant donner lieu à des comportements antisociaux extrêmes, tels qu’un confinement maladif dans une chambre d’hôtel ou un appartement, ou l’incapacité de prendre les transports en commun. Le regard des autres et notamment des Français, perçu comme réprobateur et accusatoire, génère une profonde angoisse. Si bien que l’anxiété et l’état dépressif s’accompagnent souvent de délires aigus et d’hallucinations, voire d’un désir de mort. Les étourdissements, la tachycardie et les épisodes d’intense transpiration dessinent le volet somatique du syndrome.

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Article complet au format papier dans Mayonèz Mag Nº9. Retrouvez tous les aperçus d’articles de Mayonèz Mag dans la section Archives.

Texte  :
Anaïs Soubeyran

Illustration  :
Zeso

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