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L’art de la petite piraterie urbaine

Culture

Israël   //   Reportage

Ori Alon croyait que la bureaucratie pouvait améliorer l’amour, la compassion et le bonheur dans le monde. Yoram Amir pensait qu’il pouvait stopper la destruction de Jérusalem…

Yoram Amir était un photographe de mariage pas comme les autres. Jérusalem était son véritable amour. Il était fasciné par son architecture et luttait contre la destruction de ses bâtiments historiques accélérée par le boom immobilier et la gentrification de la ville. Il n’hésitait pas à monter sur les grues des chantiers pour dénoncer, œuvres à la main, la disparition de ce qui rendait cette ville unique, son esthétique multiculturelle, sa diversité. « Il définissait alors ses efforts comme une force pirate pour préserver l’esthétique de Jérusalem contre l’avarie destructrice du capitalisme », se rappelle Ori. Il menait des opérations de sauvetage des encadrements de fenêtres d’immeubles vouées à la démolition, qu’il entreposait ensuite dans des galeries improvisées dans des bâtiments abandonnés. Là, des fenêtres de l’ère ottomane, jouxtaient des montants d’églises chrétiennes, de synagogues juives et de maisons des quartiers arabes et arméniens. Tôt ou tard, ils seront transformés en œuvres d’art, devenant l’encadrement de ses propos photographies. Il invitait alors les voisins, les passants, les touristes et se mettait à raconter leurs histoires, remplies d’humour, de nostalgie et de poésie. « Yoram était le Don Quichote de Jérusalem. Ses rêves étaient idéalistes, naïfs et pourtant absolument possibles », se souvient Ori.

Au pays de la bureaucratie ludique 

Une fois installé aux États-Unis, c’est au tour d’Ori Alon de se mettre à suivre ses propres rêves. Un jour, un ami lui offre un lot de certificats vierges, imprimés sur du papier parchemin et lui lance : « tu trouveras bien quelque chose d’intéressant à faire avec !” Immédiatement les bulletins de notes falsifiés du marché de Jérusalem lui reviennent en tête et il décide de créer, dans le même état d’esprit, des « Certificats de reconnaissance ». Il interroge la personne destinataire sur les choses qu’elle apprécie à propos d’elle-même, l’aide à les formuler. « Souvent c’est très difficile pour les gens de s’autocélébrer », explique-t-il, « donc je les aide à chercher plus profondément. Au lieu de les complimenter, je les invite à réfléchir à propos de leur vie ». Une fois le document fini, on trouve un témoin. Le certificat peut alors être signé et tamponné avec le sceau doré du bureau !

[…]

Article complet au format papier dans Mayonèz Mag Nº4. Retrouvez tous les aperçus d’articles de Mayonèz Mag dans la section Archives.

Texte: 
Amélie Padioleau

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UN PAS DE CÔTÉ DANS LES MÉTROPOLES DU MONDE

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