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Au-delà du cliché, Kyoto la moderne

Culture

Japon   //   Reportage

L’ancienne capitale impériale a toujours véhiculé l’image de la préservation des savoirs ancestraux et des traditions. Ce sont d’ailleurs ses anciennes bâtisses en bois qui attirent chaque année des centaines de milliers de visiteurs. Mais Kyoto n’est pas juste une ville « carte postale » tournée vers le passé ! Son architecture en atteste ici et là. Explication à l’aide de quatre joyaux de construction plus récente.

Amherst House : entre copie de l’Occident et éclectisme 

En 1868, la restauration des pouvoirs politiques de l’Empereur marque le début d’une nouvelle ère au Japon : l’ère Meiji (1868-1912). C’est surtout la fin de l’isolationnisme (sakoku) — qui aura duré presque 200 ans — et l’origine de grands bouleversements sociétaux dans l’optique de « moderniser » le pays (comprendre « s’occidentaliser »). Bien que Tokyo devienne la nouvelle capitale impériale qui centralise l’autorité, Kyoto est depuis lors restée la « capitale des arts » dans le cœur des Japonais. Cette époque de modernisation à grands pas mène à la création de nombreuses universités par des missionnaires occidentaux et japonais. L’université privée de Doshisha est à ce titre fondée en 1875 par Joseph Hardy Neesima, instituteur de formation. Les tremblements de terre étant nombreux dans l’archipel, rares sont les constructions ayant survécu aux secousses, ce qui accroît la valeur patrimoniale de cet ensemble de cinq édifices déclarés Biens culturels importants (jūyō bunkazai) par le Ministère de la Culture entre 1963 et 1979.

À l’extrémité est du campus se trouve l’Amherst House. Construit en 1932 grâce aux dons des anciens élèves, le bâtiment célèbre le programme d’échange entre Doshisha et l’université de Amherst, dans le Massachusetts. Comme c’est le cas de nombreuses fraternity house à l’américaine, la conception de l’Amherst House s’inspire du style colonial géorgien. William Merrell Vories, son créateur, avait volontairement fait le choix de s’éloigner du style gothique qui prédomine sur le reste du campus. À l’époque utilisé comme dortoir pour les étudiants étrangers, il accueille aujourd’hui les chercheurs invités par l’Université. L’Amherst House fut enregistré sur la liste des Biens culturels tangibles (tōroku yūkei bunkazai) en 2005 et réhabilité en 2009 par l’agence Ichigakusha-Vories Architects.

Très peu connus en dehors du Japon, les travaux de W.M. Vories (décédé en 1964), considérés à l’époque comme occidentaux, ne le sont en réalité pas tout à fait à en croire les études plus récentes de chercheurs qui y décèlent la présence d’inspirations mêlant Orient et Occident. L’exposition organisée en 2008 pour célébrer le centenaire du début de ses travaux a notamment permis de rappeler la palette de styles architecturaux qu’il avait effectivement pu exprimer tout au long de sa carrière. Occidental pour les Japonais, Japonais pour les occidentaux, in fine l’Amherst House, tout comme les autres monuments de l’architecte, témoigne aujourd’hui encore de l’éclectisme affirmé de certains bâtisseurs de l’époque.

Kyoto Municipal Museum : syncrétisme d’hier et d’aujourd’hui

Promouvant le syncrétisme entre les codes de l’architecture classique occidentale et les spécificités japonaises, le style de la Couronne Impériale se développe au début de l’ère Shôwa (1926-1989). Contrairement à l’époque Meiji où les bâtiments étaient construits par des architectes étrangers, les concepteurs sont désormais japonais et formés à l’Université impériale de Tokyo. Ils s’emparent des règles et créent leur propre langage architectural. Poussé notamment par Itō Chūta, historien et architecte, le style impérial se matérialise par l’association, entre autres, de corps de bâtiments néo-classiques et de toits courbes de style japonais. Son développement jusqu’à la Seconde Guerre mondiale correspond aussi et surtout à la période expansionniste de l’Empire japonais.

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Texte et Illustration: 
Camille Cosson

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