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Du barbouillage à l’art en passant par les fourneaux et la prison : itinéraire d’un graffeur atypique

Art

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Un champignon ressemblant à ceux sur lesquels sautait Mario en haut à droite, un curseur de souris au centre, des pouces levés ici et là comme autant d’approbations sur les réseaux sociaux, des couleurs vives aussi et des références culturelles pop, hip-hop, américaines et japonaises… Mais c’est bien sûr, c’est Zeso !

Le temps où le jeune Thomas Obaton taguait les murs de la banlieue est de Lyon est révolu. Noir sur gris, gribouillis sur beige, jets de peinture sur béton ! Mais le support était nouveau, ça changeait des cahiers et des crayons de l’école et la bombe aérosol : ah, quel pied ! Quoi de mieux pour exercer sa créativité et emmerder le voisinage à 13 ans ? Au début des années 90, en France, la culture hip-hop est bien installée dans le paysage musical et artistique. Sa grande sœur ne jure que par elle et embarque son petit frère dans ses aventures urbaines. Assister à des jam (rassemblement de graffeurs), des battles (affrontements) de breakdance et des impros de rap devient la routine de Thomas, qui touche déjà sa vocation du bout des doigts.

De travaux manuels, il est en outre question au vu des mauvaises notes de l’artiste en herbe. « Qu’est-ce que ce sera Monsieur Obaton ? Mécanique, menuiserie ou cuisine ? », offrait la conseillère d’orientation. « Rétrospectivement, ça tombait plutôt bien », confie Thomas car selon lui, s’il était bien une voie dans laquelle il pouvait alors se projeter afin d’exprimer sa créativité, de prouver sa rigueur et sa force de travail, c’était bien celle qui menait aux fourneaux ! Il ne compte pas les heures, respecte la hiérarchie et surtout : il est original ! Claude Godard, Maître Cuisinier de France, qui lui confiera la brigade de ses deux restaurants à New York dans les années 2010, était « époustouflé par sa capacité de personnalisation de menus que tant d’autres professionnels se seraient contenté d’exécuter sans style ». Thomas acquiert de l’expérience auprès de grands noms de la gastronomie française tels qu’Alain Chapelle, Guy Savoy ou encore Alain Senderens. « Je voulais partir aux États-Unis, je devais compenser mon anglais chancelant par un CV en béton », témoigne l’artiste, qui continue de cuisiner le jour et de peindre la nuit, parfois l’inverse. « Pendant longtemps le métier de chef m’a permis de gagner généreusement ma vie, je ne prenais pas de commande de fresques ou si peu, j’organisais juste des jam pour le plaisir avec des amis graffeurs en France puis aux États-Unis ».

Thomas décroche son premier job à New-York en 2006, Zeso le suit, Brooklyn doit être un beau terrain de jeu. Le chef et l’artiste savent bien que l’on ne plaisante pas avec les services de l’immigration mais que faire lorsque son dossier est recalé pour cause d’ingérence administrative ? Si l’on suit la loi à la lettre, on rentre chez soi, son visa de touriste expiré sous le bras. « C’était hors de question », se souvient Thomas, alors installé, entouré dans la sphère professionnelle d’un employeur et de clients qui comptent sur lui, lié dans celle personnelle à des personnes qui partagent sa passion pour le graffiti. « Je suis allé de l’avant, j’ai laissé les problèmes de paperasse de côté » … jusqu’à ce que ces derniers le rattrapent, en 2016.

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Article complet au format papier dans Mayonèz Mag Nº9. Retrouvez tous les aperçus d’articles de Mayonèz Mag dans la section Archives.

Text :
Rémy Genet

Illustration :
Zeso

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