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Rassurons-nous, le futur de l’alimentation ne réside pas dans l’ingestion d’une pilule énergétique quotidienne ni dans la digestion lourde d’une substance pâteuse aussi nutritive qu’insipide. Le goût de ce que nous mangeons est un critère de choix trop important pour que nous nous y résignions ! Manger n’est pas uniquement un besoin vital, c’est aussi un plaisir à géométrie variable selon les cultures. Cependant, oui, nous devons repenser nos modes de production, de distribution, et certaines de nos habitudes de consommation, si nous souhaitons nous nourrir, nous et les générations qui nous succèdent, tandis que nous réduisons les externalités négatives de notre système alimentaire. Dans cette course effrénée au changement, qu’elles nous effraient ou nous émerveillent, certaines innovations technologiques ouvrent plus que jamais le champ des possibles, à l’heure où la demande en nourriture alternative augmente et où les capitaux commencent à affluer pour y répondre.

Intrications alimentaires contemporaines

Quel est le cœur des débats et des enjeux alimentaires au XXIe siècle ?
L’accès à des aliments nutritifs et en quantité suffisante pour 7 milliards d’humain en 2022, 10 milliards en 2050. Un droit, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Dans la pratique, près de 800 millions de personnes souffraient de la faim en 2020 et les conséquences de la guerre en Ukraine ajouteront, avant la fin 2022, près de 40 millions de personnes à ce nombre en hausse permanente depuis la pandémie de covid. Un problème de rareté des aliments ou de capacité de production ? Certainement pas. La FAO, toujours, estime que 1 000 milliards de dollars d’aliments sont gaspillés dans le monde chaque année, de quoi nourrir deux fois plus de personnes que celles qui souffrent aujourd’hui de la faim. Plutôt un problème de répartition donc, qui ne se résoudra pas demain de lui-même au vu des implications géopolitiques qu’il recouvre.

Ceci étant, les externalités négatives de nos systèmes alimentaires actuels sont telles que nous ne pourrons pas indéfiniment produire de la sorte. S’ouvre ainsi une deuxième perspective : leur amélioration. La cruauté envers les animaux – inhérente à certaines formes d’élevage – soulève des questions éthiques, la pêche industrielle ravage les fonds marins, la rentabilité des plantations s’obtient souvent au détriment de la qualité nutritionnelle des céréales et légumes cultivés – laissant en suspens des questions de santé publique – tandis que l’eau et la surface terrestre que requièrent l’agriculture et l’élevage industriels, dans ces conditions, ne sauraient être fournies sans aggraver plus encore la contamination de notre écosystème et contribuer au réchauffement climatique.
Ces faits admis, la science et le monde de l’entreprise se demandent donc aujourd’hui comment répondre aux enjeux nutritionnels de façon pérenne et rompre des cercles vicieux que de grands acteurs de la chaîne de production et d’approvisionnement ont eux-mêmes contribué à mettre en place, sans pour autant demander au consommateur de sacrifier le goût ou de lui imposer des dépenses alimentaires supérieures. Il n’est en effet pas question de demander à la population de n’acheter que du bio. Une solution durable et tout à fait recommandable d’un point de vue nutritionnel, mais que seule une minorité de privilégiés dans le monde peut cependant choisir au quotidien. Améliorer l’industrie agroalimentaire, voilà le véritable enjeu. En outre, les consommateurs sont de plus en plus informés sur leur alimentation et leurs décisions d’achat sont plus réfléchies et plus saines, souvent au profit du végétarisme, du véganisme ou de ce que l’on a désormais coutume d’appeler le « flexitarisme » : réduire sa consommation de viande au profit d’autres sources de protéines. Ces changements de comportement gagnent donc en popularité pour des raisons à la fois sanitaires et environnementales. Aux États-Unis par exemple, le nombre de végétaliens est passé de 290  000 en 2004 à 9,7 millions en 2019. L’industrie est sensible à ce genre de signaux et s’adapte naturellement, par conviction ou parce que le vent des profits futurs tourne.

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Article complet au format papier dans Mayonèz Mag Nº8. Retrouvez tous les aperçus d’articles de Mayonèz Mag dans la section Archives.

Texte :
Rémy Genet

Illustration :
Leonel Lopes

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UN PAS DE CÔTÉ DANS LES MÉTROPOLES DU MONDE

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