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À Valparaiso, les murs parlent

Culture

Chili   //   Reportage

Coloré et abondant en fresques murales, le bohème et touristique port de Valparaiso, situé au bord du Pacifique, témoigne depuis soixante ans des troubles sociaux et politiques du Chili. De la contestation politique menée par la gauche d’Allende dans les années 1960 à l’estallido social de 2019 en passant par l’art visuel dépolitisé ou la dictature de Pinochet, les murs de la ville offrent toujours le moyen de faire passer un message.

Des maisons peintes avec des couleurs chaudes et vives, des fresques murales à tous les coins de rues, des graffitis sauvages et des collines offrant des perspectives uniques pour apprécier cet ensemble anarchique joyeusement coloré : bienvenue à Valparaiso ! Située au bord du Pacifique, à une heure et demi de voiture de Santiago, la ville de 300 000 habitants possède cette réputation d’être « la capitale sud-américaine du graffiti ». Pas un voyageur n’y passe sans s’arrêter de longues minutes devant les murs des maisons, reconvertis en véritables scènes picturales. Cet attrait pour l’art visuel remonte aux années 1960, lorsque le graffiti s’est développé au Chili comme moyen d’expression politique. À cette époque, le parti socialiste dirigé par Salvador Allende (battu à trois reprises aux élections présidentielles avant d’être élu en 1970) ne dispose pas de moyens significatifs d’expression à travers les médias, détenus par les proches de la majorité présidentielle. Dans ce contexte où la gauche chilienne est en ébullition avec un peuple en proie à la paupérisation, le parti socialiste offre de la peinture à ses adhérents qui veulent dessiner et s’exprimer : cela marque la naissance au Chili du graffiti comme engagement politique et social.

Le support aux multiples causes

Si Santiago, en tant que capitale, abrite le plus grand nombre de graffitis, Valparaiso devient très vite un symbole de cette contestation chilienne basée sur le tag politique. Il faut dire que ce port est traditionnellement sujet à la misère sociale et à la création artistique tout en étant un territoire cosmopolite, rendez-vous des artistes venus du monde entier. Depuis le début du XXe siècle, Valparaiso incarne cet aspect bohème réunissant poètes (le célèbre Pablo Neruda y a grandi et l’une de ses maisons s’y visite toujours) et peintres aimant l’art de créer et de se retrouver le soir dans les rues. « Les artistes urbains aiment la fête, sourit Juan Vade, jeune peintre chilien installé à Valparaiso depuis six ans. Ici, l’architecture est unique : tu peux peindre un mur sur une colline et voir ton travail depuis une autre. Les points de vue offrent une dynamique incroyable. Cela explique pourquoi l’art visuel a autant pris ici ». L’artiste ne manque toutefois pas de rappeler qu’à l’origine, c’est dans les bidonvilles de Viña del Mar, la ville voisine, que s’est développé le graffiti en tant que symbole contestataire, avant de migrer peu à peu vers Valparaiso.

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Article complet au format papier dans Mayonèz Mag Nº4. Retrouvez tous les aperçus d’articles de Mayonèz Mag dans la section Archives.

Texte: 
Marc Nouaux

Illustration: 
Mélissa Pollet-Villard

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