Skip links

À Dacca, le réchauffement climatique bouleverse la façon de s’habiller

Société

Bangladesh    //   Reportage

Connue pour ses innombrables ateliers de confection œuvrant pour le prêt-à-porter occidental, la capitale du Bangladesh est aussi un laboratoire du vêtement du futur. Ses créateurs de mode débordent d’imagination pour adapter leurs collections locales à la hausse vertigineuse des températures et du taux d’humidité.

Quand le mercure s’envole

Quand la mousson finit par céder le terrain, fin septembre, une chaleur accablante s’empare de Dacca. Sous sa latitude intertropicale, la capitale du Bangladesh, comme sa voisine indienne Calcutta, connaît un taux d’humidité exceptionnel. Les pluies diluviennes de l’été ont imprégné le sol et lorsque les nuages lourds se dissipent enfin, le soleil tape fort et l’eau s’évapore, faisant grimper la température ressentie par les 22 millions d’habitants de l’agglomération. Le réchauffement climatique amplifie le phénomène année après année, si bien que l’impression devient désormais suffocante, comme si le mercure tutoyait les 50 degrés, dans un immense nuage de vapeur. « C’est dingue comme il fait chaud, on en arrive à perdre l’appétit et il devient très compliqué de s’habiller », explique Bibi Russell, l’une des créatrices de mode les plus célèbres du pays.

Quand elle reste à la maison, cette ancienne mannequin, autrefois habituée des podiums européens d’Yves Saint Laurent et autres Karl Lagerfeld pour ne citer qu’eux, laisse tomber le sari et porte des t-shirts sans manches. Mais dès qu’elle doit sortir dans les rues poussiéreuses de Dacca pour rejoindre son showroom, tout se complique. « Même si la chaleur et l’humidité sont épouvantables, la police t’arrête si tu te balades un tant soit peu dénudée », déplore-t-elle. D’ordinaire, dans ce pays musulman dirigé par la première ministre Sheikh Hasina et son parti, la ligue Awami, il est inimaginable qu’une femme apparaisse en public sans avoir bras et jambes couverts. Celles qui préfèrent la tradition s’enroulent dans un sari, tissu rectangulaire de six mètres de long dont l’usage requiert une grande dextérité. D’autres optent pour le classique salwar kameez, un pantalon léger surmonté d’une tunique à manches longues. Les hommes, eux, s’habillent d’un panjabi, une longue tunique qui peut descendre jusqu’aux genoux.

Bibi Russell dessine ses collections dans un atelier du quartier d’affaires de Motijheel, entre la Poste centrale et Kamalapur station, la gare ferroviaire la plus fréquentée de Dacca. Le nom de la capitale vient paraît-il du dhak, un arbre très répandu dans les temps anciens. Il ne reste aucune trace de cette essence dans cette zone grouillante d’activités commerciales, qui se veut le symbole du Bangladesh qui avance. Le pays, fort de 160 millions d’habitants, affiche en dépit du contexte sanitaire l’une des plus fortes croissances économiques d’Asie du Sud : 5,5% sur l’année fiscale 2020-2021 qui s’est achevée en juin dernier, 7,2% attendus cette année. Un pays où, en outre, le revenu annuel par tête (2 138 dollars) dépasse dorénavant celui de l’Inde (2 116 dollars), d’après les calculs du FMI.

[…]

Article complet au format papier dans Mayonèz Mag Nº6. Retrouvez tous les aperçus d’articles de Mayonèz Mag dans la section Archives.

Texte: 
Guillaume Delacroix

Photographie: 
Shama Kun, Bibi Russell, Mehruz Munir

Partagez cet article :

UN PAS DE CÔTÉ DANS LES MÉTROPOLES DU MONDE

Abonnement

Mayonèz Mag est un magazine au format papier. Vous pouvez vous abonner dès maintenant et le recevoir chez vous.

Je m'abonne !
"; Mayonèz Mag